07 mars 2008

Les Grandes Affaires criminelles

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      Les Grandes Affaires criminelles du Var  et  les Grandes Affaires criminelles des Bouches-du-Rhône (Editions de Borée) évoquent des crimes jugés en cour d'assises  et intervenus entre le milieu du 19 ème siècle et le début des années 1980. Leur point commun est d'avoir ému l'opinion au moment des faits. Jalousie, violence gratuite, escroqueries, désir de possession, mais aussi le plus souvent la cupidité, toutes les turpitudes dont est capable l'être humain y sont retracées. Pour les répertorier,Il a été fait appel à la presse de l'époque mais aussi aux dossiers de justice.

 

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Les actes criminels sont rigoureusement respectés dans leur déroulement, mais ils sont présentés d'une façon romanesque afin d'en agrémenter la lecture. Ces deux ouvrages deviennent en quelque sorte une série de petits polars (33 pour le Var, 31 pour les Bouches-du-Rhône), avec l'avantage de l'authenticité.

L'ouvrage concernant le Var est préfacé par René Frégni, celui sur les Bouches-du-Rhône par Jean Contrucci

       Chaque ouvrage: 24 €

Un polar: Corde raide et sac de noeuds

Corderaidecouv_2Dans une cité viticole du bord de mer, les gendarmes enquêtent sur une affaire de camionnettes de marchands de pizzas qui on tendance à partir en fumée. C'est alors que surgit une nouvelle affaire: l'assassinat déguisé en accident d'un forain un peu rustique, Manuel Ramirez qui, quelques mois avant, avait "acheté" la femme d'un autre. L'enquête nous met en présence de personnages un peu hors normes: un député véreux, un curé intégriste aux moeurs plutôt originales, un psychiatre qui escroque la Sécu, mais également des individus plus courants. Le point commun à tous ces gens-là: la mort de Ramirez les arrange bien. Ce polar se veut résolument satirique mais il respecte la règle fondamentale du genre: le coupable n'est pas celui qu'on croit.

                          Editions Transbordeurs, 13€

Alice l'Italienne

                           Il s'agit Alicecouv179d'un roman qui adopte la forme d'une biographie imaginaire. Il est né d'un déclic: alors qu'il se trouvait dans le cimetière d'un petit village italien, l'auteur a été frappé par le médaillon d'une pierre tombale portant la photo d'une jeune femme. A la lecture des dates de sa naissance et de sa mort, il a réalisé qu'elle avait passé la quasi totalité de sa courte vie sous le règne de Mussolini. Il a été saisi par l'envie d'imaginer ce qu'avait pu être l'existence d'une fillette puis d'une jeune femme dans les conditions du lieu et de l'époque. C'est un déplacement dans le temps et dans l'Histoire auquel nous convie ce roman, et les thèmes qu'il aborde, l'endoctrinement, le totalitarisme, le racisme, nous renvoient bien souvent à des questions que nous rencontrons encore. 

                          Editions La Courtine-La Nerthe, 20€

Toulon 40, chronique d'une ville sous l'Occupation

Toul40couv231_6Comment vivaient, ou plutôt survivaient, les  habitants de l'aire toulonnaise pris dans les affres de la guerre? Généralement cette période est traitée essentiellement sous l'angle du conflit, sous son aspect militaire. Peu d'ouvrages se sont consacrés à l'aspect civil de la guerre et de l'Occupation. L'auteur a voulu reconstituer la vie au jour le jour de ces habitants qui ont tout d'abord cru que le maréchal allait les mettre à l'abri de la conflagration puis qui ont vite déchanté devant les difficultés croissantes de la vie quotidienne. Restrictions de déplacements, d'alimentation, de loisirs, omniprésence de l'occupant, puis tragédie des bombardements. En dépouillant la presse locale, en recueillant des témoignages écrits et oraux, en consultant des travaux d'historiens, l'auteur remet en quelque sorte en scène toute une région                         Editions La Nerthe, 25 €

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POUR ME CONTACTER: chbottar@club-internet.fr

La biographie ou comment on en est arrivé là

Chatmoi0266 Deux mots (mais pas plus) sur l'auteur

1941. Novembre. Naissance à Toulon au domicile des parents. Comme ils sont locataires de l'horticulteur qui les emploie, on lui fera croire qu'il est né dans un pot de bégonias. Il en sera convaincu jusqu'à l'âge de 32 ans.

1947. Entre au cours préparatoire du bon M. Trotobas (il n'y avait pas de maternelle). La légende familiale raconte qu'il savait déjà lire, ayant appris tout seul en déchiffrant le journal local. Déjà cette manie de fouiller dans les journaux.

1952. Entre au collège. Le prof d'Anglais est surnommé Firmin, ou encore Mégot à cause d'un éternel mégot éteint collé à la lèvre inférieure. Il est soporifique et il pue. Ce sinistre individu écrira en fin d'année sur le carnet de notes: "triste cadeau pour le professeur d'Anglais de cinquième". En conservera toute sa vie une aversion farouche pour tout ce qui est anglo-saxon. Sans rapport avec ce qui précède, envisage selon les jours de devenir chauffeur de bus ou pilote de formule 1.

Jusqu'à 1961. Poursuivi par les études. Comme dans la viticulture, certaines années sont meilleures que d'autres et inversement. Redouble un peu, prend plaisir à consterner ses profs de maths, et entretient une haine tenace à l'égard de l'Anglois. Participe à l'élaboration d'un supplément pour djeunes du journal local. Après avoir abandonné la lecture hebdomadaire de Mickey, passe à Tintin, puis sans transition au Canard Enchaîné qu'il n'a plus quitté. Après le bac, se plante en première année de droit mais reviendra à cette charmante matière par d'autres moyens.

1961. Eprouve non l'envie mais plutôt le besoin de travailler. Passant devant la Trésorerie générale, dont il ignore à quoi ça sert, voit l'annonce d'un concours. Il se présente et il est reçu, c'est bien fait pour la gueule à Mégot. Découvre Camus et Boris Vian.

1962 à 2002. Tribulations administratives à Lyon, Paris, Marseille, Toulon. Passe des concours pour "grimper" dans la hiérarchie, non par amour de celle-ci mais pour satisfaire un sordide esprit de lucre. Enjolive la morne condition de fonctionnaire par une pratique associative: syndicalisme, parents d'élèves. De 1996 à 2001, est l'un des animateurs d'un mensuel satirique toulonnais, Cuverville, qui s'est donné pour objectif de lutter avec ses petits bras musclés contre l'extrême-droite avachie dans les fauteuils de la mairie.

2002 à...En 2002, croit qu'il va coincer la bulle mais une collectivité locale lui propose un poste de conseiller technique, qu'il occupe jusqu'à fin 2006. Comme c'est un emploi à temps partiel, commence à écrire un peu plus souvent qu'avant, et la suite figure ci-dessus.

Brèves de clavier

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Les malheurs d'Alice l'Italienne

Quand j'ai écrit ce roman, j'avais dès le départ son titre en tête. Ce serait "Alice et les chemises noires". Il me semblait que cela avait un sens, et correspondait parfaitement au texte. Mais la responsable de l'édition a estimé que ce titre était...trop violent (???), et il a bien fallu que j'accepte ce titre neutre pour ne pas dire fadasse. De même, le dessin ci-contre, dû au regretté peintre toulonnais Jean-Pierre Giacobazzi qu'il m'avait fait par amitié pour illustrer la couverture, s'est retrouvé, d'ailleurs amputé, (trop violent aussi?), en quatrième de couverture. Comme quoi, les auteurs proposent mais les éditeurs disposent.

Gag chez les renseignements généraux

Petite découverte à l'occasion de la préparation des "Grandes Affaires criminelles du Var". L'accès aux archives judiciaires n'étant pas autorisé pour les jugements ayant moins de 100 ans, il est nécessaire pour pouvoir consulter les dossiers d'obtenir une dérogation. La demande fait l'objet d'une enquête validée par le procureur de la République. Pour les besoins de cette enquête, j'ai donc été convoqué aux Renseignements généraux en 2005. Et là, surprise, le fonctionnaire a sorti une fiche à mon nom faisant état d'anciennes activités syndicales. Celles-ci furent assez ordinaires, c'est à dire que je n'ai jamais posé de bombe. Or, j'ai abandonné ces responsabilités en 1989. Donc, seize ans après, j'avais toujours "ma" fiche chez les RG. Sans vouloir vexer personne, je me permets de douter de la fiabilité du système: les RG m'avaient collé une étiquette syndicale qui n'était pas la mienne...

La justice est laxiste, mon pauvre monsieur

On entend dire que la justice d'hier était plus sévère que celle d'aujourd'hui. C'est oublier un peu vite, lorsqu'il s'agit de la cour d'assises, que la sanction résulte d'un jury "populaire", et par conséquent nous n'avons à nous en prendre qu'à nous-mêmes. En effectuant les recherches pour les "Grandes affaires", que ce soit dans le Var ou dans les Bouches-du-Rhône, j'ai fait cette constatation: on acquittait autrefois bien plus facilement qu'aujourd'hui quand il s'agissait d'un crime entre époux, et ceci sans favoritisme particulier à l'égard de l'un ou l'autre sexe.

10 avril 2008

Bloc notes

PACA?...CACA!

Garonne0904Une association provençaliste fait resurgir la question de l'appellation de notre région. Elle a raison. Le nom interminable qui lui a été donné pousse à l'usage de ce sigle hideux, déshumanisé, bêtement technocratique, de PACA. Mais d'abord , pourquoi un nom aussi long? L'adjonction de la mention "Côte d'Azur"  est à la fois une hérésie et une manoeuvre commerciale. Hérésie: à quoi rime-t-il d'ajouter à l'ensemble le nom d'une partie? Que dirait-on, par exemple, de Rhône-Alpes-Beaujolais? Ce serait idiot. Manoeuvre commerciale: c'est sous la pression du lobby des hôteliers niçois, voulant exploiter à leur seul profit l'appellation "Côte d'Azur", que cet appendice superfétatoire a été ajouté. Là aussi, c'est parfaitement idiot. Selon les géographes, et le Larousse, la Côte d'Azur commence dans les Bouches-du-Rhône, à Cassis. De sorte que de Cassis à Saint-Raphaël, il y a bien "plus de Côte d'Azur" que dans les Alpes-Maritimes.

Il est dommage que certains organismes bénéficiant de la notoriété se laissent aller à cette dérive. Ainsi de France 3 Méditerranée. Lorsque le journal régional intègre les informations des Alpes-Maritimes, c'est le "journal de Provence-Alpes-Côte d'Azur". "Mais cela devient le "journal Provence-Alpes" si la station de Nice n'est pas concernée.

Il y aurait pourtant un moyen simple de rendre l'usage du sigle sans intérêt. Ce serait d'utiliser l'appellation moins longue et correspondant strictement à la réalité: Provence-Alpes. Même les hôteliers niçois ne peuvent nier que les Alpes commencent dès la Promenade des Anglais (et même avant, dans la mer). Ainsi tout le monde y trouverait son compte. Il serait bon aussi que les organismes officiels banissent de leurs documents l'appellation PACA. Mais après tant d'années de mauvaises habitudes, comment en sortir?

LES DERIVES DE L'EDITION

L'édition a ceci de commun avec la restauration, c'est que n'importe qui peut se lancer dans le métier sans en avoir la compétence. (Les restaurateurs voudront bien me pardonner, j'en connais d'excellents).

Au salon du livre 2007 de Toulon, une dame aux gestes brusques vient m'interpeller: "Monsieur, j'achète votre livre si vous achetez le mien". Comme je suis poli avec les dames, j'accepte ce curieux marché. Et j'ai donc acquis "Vent d'Est, vent de pluie", dont un reste de charité, dernier vestige de mon éducation judéo-chrétienne, m'amène à taire le nom de l'auteure. Par contre , je ne dirai jamais trop que cette chose invraisemblable est publiée par "les Presses du Midi", dont le souci de qualité ne semble pas être la préoccupation majeure. Car, à part cette enseigne, je ne vois pas qui aurait osé mettre sur le marché un objet aussi grotesque.

Le galimatias débute dès la première page, mais la deuxième atteint l'excellence: "Le climat devient malsain, suspicieux, l'amalgame se couvre de pustules, d'abcès, de fissures. Une odeur nauséabonde se dégage, certains abcès crèvent, le pus jaillit, l'odeur est de plus en plus pestilentielle et irrespirable". Déjà, on a envie d'appeler au secours, tout en se demandant comment un climat peut être "suspicieux".

Outre le style survolté, qui fait se déverser des tombereaux de points d'exclamation, on se trouve face à des idées fixes. Comme il pleut, à la page 7, "quelques pauvres chiens qui s'aventurent sur la plage n'osent lever la patte de peur d'en rajouter". Le temps ne s'améliore pas car, page suivante "les quelques pauvres chiens qui levaient la patte n'osaient le faire de peur de rajouter de l'humidité". Mais c'est vraiment un temps de chien car, page 15, "quelques pauvres chiens erraient sur le sable, mais  ne s'attardaient pas, n'osant lever la patte de peur d'en rajouter".

Tout cela est compréhensible puisqu'en page 14, "l'atmosphère était collante, étouffante", alors qu'en page 15, "l'atmosphère était collante et étouffante".

Mais ces babioles ne doivent pas nous empêcher d'apprécier le style. On remarque, à propos de la mairie, que "lorsqu'il faisait beau, elle était déjà plutôt laide du point de vue construction". Et la construction de la phrase, ma bonne dame? Mais c'est la grande classe pour la description des activités des secrétaires "juchées tour à tour sur la grosse photocopieuse, elles s'amusaient à se photographier la moule". Tel que! Et pour rester dans le genre pipi-caca-boudin, les édiles avaient "quelques casseroles qui leur traînaient au cul, commençaient à remonter à la surface et éclataient en grosses bulles nauséabondes". Des casseroles éclatant en bulles, on demande à voir.

Comme on se trouve devant une pépite exceptionnelle, il y a sûrement mille autres perles à récolter. On m'excusera de ne pas avoir pu dépasser la page 20.

Ce qui est navrant, c'est qu'il se trouve à Toulon un quidam qui se prend pour un éditeur et qui est capable de vendre 17€ une telle merde. Plus grave, lors de fêtes du Livre ici et là, les "Presses du Midi" occupent un stand tout comme les éditeurs dignes de ce nom.

Un dernier gag pour la route: lors de la Fête du Livre l'auteure claironnait à tous vents que cette chose-là allait faire l'objet d'une adaptation au cinéma...

JEUX OLYMPIQUES: TROP D'AUDACE TUE L'AUDACE (ET LA SUITE...)

Ainsi, pour protester contre les atteintes aux droits de l'homme en Chine, les sportifs français voulaient arborer un badge portant, en plus des classiques anneaux, la mention "pour un monde meilleur". Quelle audace! Quel courage! Les responsables chinois commençaient à trembler. Ils envisageaient d'exiger de leurs télévisions de raconter que ce badge avait pour but de manifester "l'amitié des sportifs pour l'immense peuple chinois" selon les bonnes vieilles ficelles du stalinisme, et hop! Passez muscade. Ils n'auront pas à se donner ce mal puisque le comité olympique français s'oppose à ce badge révolutionnaire. Motif: ces choses-là ne se font pas. D'autres écrits continueront à être tolérés: les publicités qui vont fleurir partout. Nike, Adidas, Coca-Cola, c'est bien. La défense des droits de l'homme, c'est tabou. Il est vrai que ça rapporte si peu...

PARLEZ-VOUS LE TELESABIR?

Les journalistes de télévision donnent naissance à une nouvelle forme de langage qui ferait hurler ce bon M. Grévisse s'il n'avait pas eu la chance de mourir assez tôt. Quelques échantillons:

"Et tout de suite, la météo".

Quand le présentateur du journal vous l'annonce, vous savez qu'il vous faudra supporter entre cinq et vingt minutes de messages publicitaires pour connaître enfin la météo. Bref, grâce à la télévision, l'expression tout de suite a le même sens que dans un moment. Comment s'y retrouver?

"Voici les titres que nous allons développer"

Expression en vogue sur France 3, un peu moins peut-être sur France 2. (Pour TF1, je ne sais pas, je ne l'écoute jamais, c'est pour moi une chaîne qui n'existe pas).

Un seul téléspectateur a-t-il essayé de développer un titre? Peut-être ne sait-il pas comment procéder. Voici donc le mode d'emploi. Vous prenez un titre,vous le posez à plat devant vous. Avec votre main droite, vous saisissez son extrémité droite. Avec votre main gauche vous saisissez l'autre extrémité. Puis vous tirez en écartant les bras. Votre titre va donc s'allonger, il sera développé. Notez que vous pouvez faire la même chose en hauteur. Les plus vicieux cumulent les deux formules. Bien entendu, cela suppose que votre titre soit réalisé dans une matière élastique. On objectera que, compte tenu des contraintes de temps, les télévisuels cherchent à dire le maximum de choses avec le minimum de mots. Toutefois, il ne serait pas bien plus long de nous dire : "voici les titres des sujets que nous allons développer".

"La mort de Machin"

Nous y avons droit chaque fois qu'il meurt une célébrité (réelle ou fabriquée). C'est toujours la même phrase sans verbe. La mort de Machin. Point. C'est peut-être plus feutré. "La mort de Machin", voilà qui paraît moins brutal que "Machin est mort". Un psy pourrait peut-être nous l'expliquer, à défaut tentons quelques suppositions. La mort fait peur à tout le monde. Donc, commençons à l'annoncer de la façon la plus discrète possible, en supprimant les mots dont on peut se passer. Ou bien, le journaliste pense-t-il nous transmettre le message suivant: je suis effondré, je rassemble mes forces pour vous annoncer dans un dernier souffle que Machin est mort. Ou encore, on tente d'installer une connivence entre l'émetteur et le récepteur: vous et moi nous connaissions bien Machin, eh bien, il est mort. Dans la même optique, une variante enrichie par le fait que Machin était âgé ou malade: vous vous y attendiez, moi aussi, vous pensiez comme moi qu'il n'en avait plus pour longtemps, je ne vous apprends rien.

S'il ne nous apprend rien, ce journaliste, on va finir par lui demander pourquoi il fait ce métier.

09 mai 2008

DAZIBAO

                    Dans les pharmacies...dans les pharmacies... (Charles Trenet)

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Les centres Leclerc vont-ils parvenir à vendre certains médicaments? Les pharmaciens, dont quelques-uns ont déjà commencé à titre symbolique à proposer  des petits pois, vont-ils résister? Bof, tout cela n'a l'air que d'un conflit entre tenants du capitalisme. Et lorsque se développe un conflit entre capitalistes, c'est toujours le plus roublard qui gagne. Nous verrons bien. En attendant, il est permis d'avoir un petit avis sur la question. La vertueuse indignation des pharmaciens serait bien plus crédible s'ils commençaient par renoncer à vendre des savonnettes, des shampoings, des crèmes de beauté, des bonbons, et autres poudres de perlimpinpin qu'on trouve aussi bien, et pour moins cher, dans les supermarchés.

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Tiens, revoilà la chasse

Il y avait déjà quelques mois qu'il ne s'était pas trouvé quelqu'un pour souffler sur leChasseur310_2s braises.

Rassurons-nous, c'est fait. Le sénateur Poniatowski (bon sang ne saurait mentir) a déposé une proposition de loi qui entend "faciliter l'exercice de la chasse". Bref, si vous voulez empêcher les viandards de pénétrer dans votre propriété, si vous essayez de les virer parce que des plombs tombent dans votre bol quand vous prenez le petit déjeuner sur votre terrasse, vous pourrez être poursuivi pour le délit "d'entrave à la chasse".

"Les chasseurs sont désormais reconnus comme des acteurs à part entière de la gestion équilibrée des écosystèmes[...] des acteurs responsables". Il a dit ça, Ponia, sans aucune pensée démagogique.

C'est la commission économique du Sénat qui a inventé le délit d'entrave à la chasse. On se demandait encore à quoi servait le Sénat. "Il n'est pas acceptable que les activités cynégétiques puissent être délibérément entravées par des militants d'un mouvement radical sans que ceux-ci s'exposent à des sanctions"... C'est ce que disent nos sénateurs au sortir de la sieste.

Vous avez raison, les gars, membres d'une institution radicalement dépassée par le siècle et dont on se demande une fois de plus à quoi elle peut bien servir.

Ou alors, il va bien falloir admettre qu'elle ne vise qu'à permettre au conservatisme de prospérer...

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L'EMPIRE D'ESSENCE

Mme Lagarde, ministre de l'Economie, a le droit d'avoir les amis qu'elle veut. M. Christophe de Margerie (le moderne avec ses moustaches en guidon de vélo), par ailleurs PDG de Total, a le droit d'avoir les ami(e)s qu'il veut. On ne s'étonnera pas donc, si au détour d'un journal télévisé, ces deux-là, contents apparemment de se retrouver, s'embrassent comme du bon pain.

L'ennui, c'est que la ministre de l'Economie doit recevoir le PDG de Total, confortablement assis sur des bénéfices exorbitants pour lui demander de faire un geste à propos de l'augmentation des tarifs pétroliers. On imagine les réponses du moustachu: "ma chère Christine, c'est plus difficile que ce que tu crois, tu ne peux pas me demander d'aller si loin, c'est la mort de mon entreprise, etc".

Et la chère Christine n'aurait pas le mauvais goût de mettre en difficulté un ami si cher. Voilà ce qui arrive quand les copains de l'industrie et les copains du gouvernement sont les mêmes.

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LA CHRONIQUE INEPUISABLE DE L'ARNAQUE BANCAIRE

Vous êtes lecteur d'un quotidien parisien, et depuis quelques temps il vous arrive d'en être privé pour cause de blocage décidé par le Syndicat du Livre CGT, milieu où on est bien plus grassement payé que dans la moyenne du monde ouvrier, et où on a obtenu les 35 heures, voire moins, bien avant tout le monde. Mais c'est ainsi: tant que certains cégétistes du Livre n'auront pas conduit la presse écrite déjà bien malade à sa disparition, sciant la branche sur laquelle ils sont assis, il faut s'attendre à ne pas trouver son quotidien favori chez le marchand.

Donc, les jours où je ne peux me procurer mon Libé, je le télécharge en payant son prix, soit 1,20€, par carte bancaire. Oui, mais...Mais ma banque me débite en plus 1,50€ pour frais de paiement!!! Toutes ces opérations étant automatisées, je voudrais bien savoir sur quels arguments fumeux repose une telle arnaque. Avant qu'on me le demande je précise qu'il s'agit du Crédit Mutuel, mais il est probable que c'est pareil chez les autres.

Mise au point: consulté, le Crédit Mutuel m'informe que cela est dû au fait que Libé, pour ce type de transaction, fait appel à un prestataire situé hors zone européenne, ce qui entraîne une facturation par opération de 1€+2%, avec un minimum de 1,50€, et voilà comment on paie plus pour les frais bancaires que pour le journal lui-même. Et alors, Libé, c'est sérieux, ça?

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DUCASSE SE CASSE...NOUS AUSSI

Ainsi Ducasse, l'homme d'affaires bien connu (qui est paraît-il un ancien cuisinier) devient monégasque pour alléger sa situation fiscale. Pauvre chou. Avec ses restaurants hors de prix un peu partout dans le monde, il avait des problèmes de fins de mois. Comme tous ces bons citoyens qui s'en vont remiser leurs bénéfices à l'étranger, il nous laisse le soin de payer les impôts qu'il ne paiera plus. La seule réponse à la hauteur est que nous aussi nous nous cassions, de ses restaurants s'entend. Il est vrai que pour beaucoup ce ne sera pas difficile. Comment disait l'autre? "Ducasse-toi, eh pauvre c... "(1)

(1) cuistot